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Dum loquitur, fugerit invida aetas: Carpe diem, quai minimum credula postero.

PENSÉES NOCTURNES

Par l'Apothicaire le 15/01/2021







Parmi les mondes qui s'entremêlent, la pléthore d'inconnu qui fourmille, les myriades d'individus qui rêvent, s'affairent, vivent sans vivre, s'aveuglent, une partie survie à la misère qui l'entoure, à la beauté évincée par la noirceur nébuleuse des paroles et des actes. Une multitude préfère naitre sans voir, entendre sans écouter, toucher sans sentir, la réalité si dure et afférente à l'iniquité.
Alors, dans l'absolue obscurité, se relèvent de la poussière évanescente des êtres doués de raison, dont la pensée guide les pas vers la poésie, tout autant que vers le désespoir d'un monde empli de reflets marmoréens.

La téléologie au coeur de notre système, la fin devient l'élément omniprésent au sein de notre existence, et nous la menons alors non plus pour vivre, mais bien pour mourir. Quel fou pourrait choisir de s'obstiner et se consacrer dans sa vie prosaïque et fallacieuse à une sommeil sans fond ? L'homme n'est donc la seule créature capable d'insanité et de déraison ?

Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris.
"Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu redeviendras poussière"
Dieu lui-même, tant est qu'il existe, ce à quoi je ne consens pas, évoque et met en exergue lui même ce sentiment de destinée inéluctable. Il insère dans les esprits un sentiment que les croyants s'empresseront de suivre, tacitement et de manière désoeuvrée, sans que des questions exemptes de réponses n'émergent. L'esprit grégaire des peuples s'instaure, et dans sa lancée l'accord invisible qui les lient, la mort et donc le secret...Evidemment, l'animal n'est point touché par cette manipulation de l'être, et ne peut se centrer sur sa destinée, l'instinct prédominant sa vie.
Justement, il vit, ou plutôt dirais-je, survit. En parfaite harmonie avec la nature et ses lois établies, il respecte sa fin et l'admet avec bravoure et magnanimité; en aucune façon il ne vaquera inutilement à l'attente de sa mort, mais il suivra un principe des plus importants: survivre. Nous, les hommes, avilis par la paresse inhérente de nos jours, n'avons plus d'yeux que pour la richesse et le pouvoir, à s'approprier avant notre trépas. Mais, cette pensée n'exclut donc t-elle pas les générations futures? L'être humain est une espèce asservie par l'égoïsme et le mal, evidemment, il ne faut pas plonger dans le scepticisme et le pessimisme, la beauté existe en nos contrées et communautés, mais, seulement, l'équilibre se rompt inexorablement, et tend vers une entropie dégénérative du monde en développement perpétuel.

Soit, ces mentalités s'ancrent donc sur le désir et la cupidité d'obtenir moult objets avant de rendre notre âme au diable. Esprit au demeurant très matérialiste, le bipède, à cet égard créature opposée au règne animal majestueux, choisit son bonheur à dessein de celui des générations à venir... Mais comment peut-on oublier volontairement telle perspective? L'indifférence qui s'installe actuellement connote d'un jugement turpide, et d'un songe malsain...La folie gagne nos esprits, nous enferment dans la convoitise constante, effrayés par la chute inévitable, les paroles de Ronsard sont déformées, le fameux :
carpe diem,
"Profite de l'instant présent"
se conçoit de manière divergente, et donc de travers, s'arcant vers nos désirs les plus absolus et viscéraux.
L'obscurantisme se rapproche, et la bascule dans les ténèbres est fatale. Voici le sempiternel destin de l'homme, voué à une fin malgré la beauté du monde qui nous entoure, les progrès accomplis mais du moins non usés dans le bon sens, et la faste humanité. La pensée suivra cet aboutissement, et se fera happé dans la vacuité des âmes.